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D.I.F
Droit Individuel à la Formation
Le droit individuel à la formation (DIF) a pour objectif de permettre à
tout salarié de se constituer un crédit d'heures de formation de 20
heures par an, cumulable sur six ans dans la limite de 120 heures.
L'initiative d'utiliser les droits à la formation ainsi acquis
appartient au salarié, mais la mise en oeuvre du DIF requiert l'accord
de l'employeur sur le choix de l'action de formation. La formation a
lieu hors du temps de travail sauf disposition conventionnelle
contraire ; elle est prise en charge par l'employeur selon des
modalités particulières. Le DIF étant un droit reconnu au salarié,
celui-ci est libre ou non de l'utiliser. S'il décide de ne pas
l'utiliser, il ne peut pas demander de compensation financière à son
employeur au titre des heures acquises et non utilisées.
Qui peut bénéficier du DIF ?
les salariés en contrat de travail à durée
indéterminée ayant au moins un an d'ancienneté
dans l'entreprise :
Ce droit leur est ouvert qu'ils soient employés à temps
complet ou à temps partiel. Dans ce dernier cas toutefois,
la durée des droits acquis au titre du DIF est calculée
au prorata de leur durée de travail.
Les salariés en contrat à durée déterminée
:
Voir ci-dessous « Dispositions spécifiques aux salariés
en CDD ».
Sont en revanche exclus du DIF, les apprentis ainsi que les salariés
titulaires d'un contrat d'insertion en alternance (contrats de qualification,
d'orientation, d'adaptation, et, depuis le 1er octobre 2004, contrat
de professionnalisation).
A combien d'heures de formation ouvre droit le DIF ?
Au titre du DIF, les salariés en contrat à durée indéterminée (CDI)
travaillant à temps complet ont droit, sauf dispositions
conventionnelles plus favorables, à 20 heures de formation minimum par
an. Ceux qui sont employés à temps partiel acquièrent un crédit
d'heures calculé au prorata de leur durée de travail. Ainsi, par
exemple, un travail à mi-temps ouvrira droit à 10 heures de formation
par an.
Les droits acquis au titre du DIF peuvent ils se cumuler ?
Les salariés en contrat à durée indéterminée qui n'utilisent pas
leurs droits acquis au titre du DIF peuvent les cumuler d'une année sur
l'autre, dans les conditions suivantes :
- pour les salariés à temps complet, le cumul peut se faire
sur six ans au maximum, sans pouvoir dépasser le plafond de 120 heures ;
- pour
les salariés à temps partiel, c'est le plafond de 120 heures qui
s'applique quel que soit le temps mis pour l'atteindre. Ainsi, par
exemple, un salarié travaillant à mi-temps qui acquiert 10 heures par
an au titre du DIF pourra cumuler ses droits sur 12 ans.
Un salarié à temps plein qui n'a pas utilisé ses droits pendant 6 ans
et qui a donc atteint le plafond de 120 heures ne peut plus, sauf
dispositions conventionnelles plus favorables, acquérir de droits à
formation au titre du DIF.
Toute action de formation effectuée dans le cadre du DIF vient
s'imputer sur le capital acquis. Ainsi le salarié qui avait atteint le
plafond de 120 heures tombe à 80 s'il entreprend une formation de 40
heures. Il peut ensuite de nouveau acquérir des droits dans la limite
de 120 heures.
L'employeur a l'obligation d'informer chaque salarié, par écrit et
annuellement, du total des droits qu'il a acquis au titre du DIF.
Comment le DIF est-il mis en oeuvre ?
La mise en oeuvre du DIF relève de l'initiative du salarié, en accord avec son employeur.
-
La demande du salarié :
La loi ne
précise pas les modalités de la demande. En toute logique, elle doit
s'effectuer par écrit en indiquant les informations nécessaires à
l'employeur pour qu'il se prononce sur cette demande (formation
envisagée, durée...). Aucun délai n'est prévu pour formuler la demande,
mais le salarié doit s'y prendre suffisamment à l'avance sachant que
l'employeur dispose d'un délai d'un mois pour répondre.
- La réponse de l'employeur :
L'employeur
doit donner son accord sur le choix de l'action de formation. Il
dispose d'un délai d'un mois pour répondre au salarié qui a sollicité
son accord pour exercer son droit au titre du DIF. L'absence de réponse
dans ce délai vaut acceptation du choix de l'action de formation
proposée par le salarié.
Pour éviter toute contestation sur les délais, il semble préférable que
la demande du salarié s'effectue par lettre recommandée avec accusé de
réception.
Face au refus de l'employeur, le salarié ne dispose d'aucun recours
sauf celui de réitérer sa demande ultérieurement (il existe toutefois
des dispositions particulières en cas de rupture du contrat de travail,
voir ci-après). Si le désaccord persiste pendant deux exercices
successifs, le salarié peut déposer sa demande dans le cadre du congé
individuel de formation (CIF).
L'organisme paritaire de gestion du CIF dont relève l'entreprise
doit alors examiner en priorité cette demande de prise en charge sous
réserve que la formation choisie par le salarié corresponde aux
priorités et aux critères fixés par cet organisme. En cas
d'acceptation, l'employeur est tenu de verser à cet organisme une somme
égale au montant de l'allocation de formation correspondant aux droits
acquis par l'intéressé au titre du DIF et aux frais de formation,
ceux-ci étant appliqués sur la base forfaitaire applicable aux contrats
de professionnalisation.
-
Le choix de la formation :
Des
actions de formation prioritaires peuvent être définies par accord
collectif d'entreprise ou de branche ou par accord interprofessionnel.
Le salarié peut alors choisir une formation parmi celles-ci, bien que
ce ne soit pas une obligation. A défaut d'un tel accord, les actions de
formation accessibles au titre du DIF sont les actions de promotion
(celles permettant d'acquérir une qualification plus élevée) ou
d'acquisition, d'entretien ou de perfectionnement des connaissances.
Le choix de l'action de formation mise en oeuvre dans le cadre du DIF
doit être arrêté par accord écrit du salarié et de son employeur.
Comment se déroule la formation ?
La formation suivie dans le cadre du DIF se déroule en dehors du
temps de travail. Toutefois, une convention ou un accord collectif de
branche peut prévoir que l'action de formation aura lieu en partie sur
le temps de travail.
Pour les heures de formation effectuées en dehors de son temps de
travail, le salarié perçoit, de son employeur, une allocation de
formation égale à 50 % de sa rémunération nette de référence. Le
salaire horaire de référence pris en compte pour le calcul de cette
allocation s'obtient en divisant le total des rémunérations nettes
versées au salarié au cours des 12 derniers mois précédant le début de
la formation par le nombre total d'heures rémunérées au cours de ces
mêmes 12 derniers mois. Des modalités particulières de calcul sont
prévues pour les salariés dont la durée de travail est fixée par une
convention de forfait en jours.
Si la formation a lieu en partie sur le temps de travail, la
rémunération du salarié est maintenue normalement pour les heures
passées à se former.
Pendant la durée de sa formation (pendant ou hors temps de travail), le
salarié bénéficie de la législation sur les accidents de travail et les
maladies professionnelles.
Qui prend en charge les frais de formation ?
Les frais de formation, ainsi que l'allocation de formation, sont à
la charge de l'employeur, ce dernier pouvant les imputer sur sa
participation au développement de la formation continue. Un accord de
branche peut prévoir que l'employeur acquitte les frais de formation au
titre du DIF grâce à un titre de paiement émis par des entreprises
spécialisées (selon le même principe que les tickets restaurant). Un
décret (à paraître) doit préciser les conditions de mise en oeuvre de
cette disposition.
Que deviennent les droits acquis lors de la rupture du contrat de travail ?
En cas de licenciement (sauf pour faute grave ou lourde) Le salarié
licencié peut demander à bénéficier d'une action de formation, de bilan
de compétences ou de validation des acquis de l'expérience (VAE) au
titre du crédit d'heures qu'il a acquis dans le cadre du DIF. Cette
demande doit être formulée avant la fin du préavis. Si cette condition
est respectée, l'employeur est tenu de verser le montant de
l'allocation de formation correspondant aux heures acquises au titre du
DIF et non encore utilisées, cette somme devant servir à financer tout
ou partie de l'action suivie par le salarié.
Dans un souci de bonne information des salariés, l'employeur est tenu
de mentionner, dans la lettre de licenciement, les droits que ce
dernier a acquis au titre du DIF et la possibilité de demander, pendant
le préavis, à bénéficier d'une action de bilan de compétences, de VAE
ou de formation.
- En cas de démission :
Le salarié peut
demander à bénéficier de son DIF, à condition que l'action de
formation, de bilan de compétences ou de validation des acquis soit
engagée avant la fin du préavis.
- En cas de départ à la retraite :
Le salarié perd les droits qu'il a acquis au titre du DIF, et qu'il n'avait pas encore utilisé.
Quelles sont les dispositions spécifiques aux salariés en CDD ?
Les salariés en CDD peuvent bénéficier du DIF à condition d'avoir
travaillé au moins 4 mois (consécutifs ou non) en CDD, dans les 12
derniers mois. Il n'est pas obligatoire que l'ancienneté ait été
acquise au titre du même contrat. Pour ces salariés :
- le volume d'heures acquis au titre du DIF est calculé au
prorata de la durée de leur contrat (à condition qu'ils justifient
d'une durée de travail en CDD d'au moins 4 mois dans les 12 derniers
mois). Par exemple, un CDD de six mois ouvrira droit à 10 heures de
formation au titre du DIF. Si le salarié travaille à temps partiel, il
convient d'effectuer une double proratisation en fonction de la durée
de son contrat et de son temps de travail. Par exemple, un CDD de six
mois à mi-temps ouvrira droit à 5 heures de formation au titre du DIF ;
- les
frais de formation, de transport et d'hébergement, ainsi que
l'allocation de formation due à ces salariés sont pris en charge par
l'organisme paritaire agréé qui perçoit de l'employeur la contribution
1 % destinée au financement du congé individuel de formation des
salariés en CDD.
Pour le reste, le DIF est mis en oeuvre dans les mêmes conditions que
celles prévues pour les salariés en contrat à durée indéterminée :
choix de l'action de formation, demande du salarié, réponse de
l'employeur, déroulement de la formation, rémunération...
L'employeur est tenu d'informer les salariés en CDD de leurs droits au titre du DIF.
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